
Les gens qui suivent ce blog depuis longtemps savent que le 16 juillet est une date un peu spéciale pour moi. C'était il y a 5 ans jour pour jour. Incapable de me rappeler ce que j'ai fais hier, ou avant-hier, mais je peux décrire avec force précision tous mes faits et gestes de ce 16 juillet 2003... Il était 19H40, j'étais à table, je mangeais des haricots verts... je devais aller faire ma première visite nocturne... et le téléphone a sonné...
Mon assiette n'a jamais été terminée... Un hélico, les urgences, la réa pendant deux mois...
Et notre vie complètement basculée. Des jours et des semaines durant, j'ai essayé de comprendre pourquoi ça nous était tombé dessus... Aujourd'hui encore, pas un jour depuis 5 ans où on y repense pas, même implicitement à travers les détails, les changements d'humeur...
C'est ma plus grande faille, ma plus grande blessure, celle dont je parle très peu pourtant je suis une bavarde en apparence mais les gens qui me connaissent bien savent que je ne dévoile rien de ce qui me touche au plus profond de moi-même.
Paradoxalement, l'accident de mon père fut ma plus grande force, parce que lorsqu'on a pas le choix, on est poussé par quelque chose, il y a ce je ne sais quoi qui vous pousse à avancer coûte que coûte. On avance même pas pour soi-même, on avance pour ceux qui sont à côté et pour celui qui est à l'hôpital dans le coma et dont on ne sait s'il va s'en sortir ou pas.
Depuis 5 ans, il s'en est passé des choses. Ca passe vite le temps, ce drame est tellement présent dans notre quotidien. Personnellement, je me rends compte que j'ai mis beaucoup ma vie de côté. Je me suis construit une carapace énorme, je m'attache peu pour ne pas avoir peur de perdre les gens, je sais pas dire aux gens que je tiens à eux... Et pourtant...
J'écris ça ici, car je sais que tous les 4, on va repenser à ces moments affreux aujourd'hui, on pense aussi à la manière dont on a surmonté ça, et à la façon par laquelle on essaye de vivre avec... on est tous les 4, c'est l'essentiel au final.